Titre: Opportunités pour les petites entreprises en Amérique latine.

Sous-titre : Les PE québécoises ont tendance à exporter d’abord vers le marché américain, mais il y a aussi beaucoup d’opportunités plus loin au sud, en Amérique latine.

 

Studio Pascal Blais est un chef de file québécois dans la production d’animations traditionnelles et en trois dimensions. La compagnie travaille avec de grandes agences de publicité au Canada, comme Bos et Cossette, et a déjà gagné plusieurs prix. Avec tout ce succès, on pourrait croire que le téléphone ne cesse de sonner. C’est en partie vrai, mais pour s’assurer d’une croissance stable, même un leader comme Studio Pascal Blais doit déployer beaucoup d’effort pour trouver de nouveaux bizness. Selon Bernard Lajoie, un des partenaires du studio, en ce moment la compagnie concentre une grande partie de ses énergies en Amérique latine.

 

« A peu près 35 pourcent de nos ventes se font vers le Mexique. Ces contrats expliquent une grande partie de notre succès »  dit M. Lajoie. « Et le futur s’annonce prometteur aussi, car jusqu’à maintenant, l’Amérique latine semble être moins touchée que les États-Unis par la crise des sub-primes. »

 

Une région en croissance

Les prévisionnistes d’Exportation et développement Canada sont d’accord avec M. Lajoie. L’organisation prévoit que le PIB de la région va croître de 3.3 pourcent en 2009 – pas mal, si on considère que les économies canadiennes et américaines vont probablement se contracter durant cette période.

 

Studio Pascal Blais n’est pas la seule compagnie canadienne à se tourner vers le sud. Malgré le ralentissement prévu pour cette année, les économies de plusieurs pays d’Amérique latine et d’Amérique centrale ont bénéficié de nombreuses années de croissance. Le pouvoir d’achat grandissant des populations latino-américaines a aussi fait croître leur appétit pour les produits étrangers, incluant ceux en provenance du Canada. EDC considère l’Amérique latine comme l’un des marchés les plus prometteurs de tous les marchés émergents pour les exportateurs canadiens. Ce marché représente 44 pourcent du volume d’affaires ($9 milliards) d’EDC provenant des marchés émergents.

 

Autrement dit, selon une experte, les opportunités pour plusieurs compagnies canadiennes en Amérique latine sont excellentes. «À présent nos exportations proviennent de plusieurs secteurs » dit Joanne Séguin, conseillère principale – Amérique latine, à Exportation et développement Canada.  Elle revient justement d’un voyage d’affaires dans la région, et a donné une présentation à ce sujet le 19 février 2009 en collaboration avec Développement économique Longueuil. « Nos forces sont concentrées dans les secteurs miniers, les produits pétroliers, l’informatique, les communications et télécommunications, ainsi que dans le secteur agro-alimentaire. EDC a depuis longtemps du succès en Amérique latine, en créant des liens à long terme, et en se tenant aux aguets sur les besoins de nos clients domestiques et internationaux dans la région, » dit Johanne Séguin.

 

Mexique, Brésil, Chili et Colombie : quatre marchés importants à percer

Certains experts parlent de l’Amérique latine comme si elle constituait une région homogène, mais c’est loin d’être le cas. Par exemple, la principale langue de travail dans la plus grande économie de la région – le Brésil – est le portugais. Mais dans tous les autres pays l’espagnol domine. Présentement, les plus grands marchés pour les exportateurs canadiens dans la région sont le Brésil, le Mexique, le Chili, la Colombie et le Venezuela.  Toutefois, selon EDC, la situation au plan politique et sécuritaire peut limiter le commerce et les investissements canadiens dans ce dernier pays.

 

Une autre grande distinction que fait EDC est entre les pays qui vont probablement rebondir plus vite de la présente crise économique et financière (Brésil, Chili, Pérou, Colombie et Panama), et ceux qui pourraient avoir plus de difficulté (Argentine, Venezuela, Équateur et Salvador).

 

En d’autres mots, il n’y a pas que des opportunités pour les compagnies canadiennes qui veulent exporter en Amérique latine, il y a parfois aussi de grands obstacles. «À cause de la  crise du crédit, certains importateurs latino-américains, ont plus de misère à obtenir du financement », précise Joanne Séguin. « Cela a créé beaucoup de demandes pour nos produits, comme par exemple : le financement pour acheteurs étrangers.»

 

Selon Bernard Lajoie, les solutions qu’offre EDC ont beaucoup aidé Studio Pascal Blais. « Ils ont été avec nous dès le départ, et  quand on fait affaire avec un acheteur pour la première fois, on peut se protéger avec l’assurance comptes clients d’EDC. »

 

Selon Mme Séguin, les exportateurs canadiens doivent aussi tenir compte du fait que les pays d’Amérique latine n’ont pas tous le même degré d’ouverture aux importations. « Par exemple, le Canada a signé un traité de libre échange avec le Chili, mais d’autres pays, comme le Brésil, continuent d’imposer bon nombre de barrières tarifaires et non-tarifaires. »

 

Certain exportateurs sont plus chanceux!  Pour M. Lajoie de Studio Pascal Blais, le processus pour trouver des contrats en Amérique latine n’est pas vraiment différent de ce qui se fait ici. « On prend l’avion et on va là-bas. C’est aussi simple que ça.  Par contre, avant d’y aller, nous avons fait nos recherches. Nous avons ciblé la ville de Mexico City et identifié les agences de publicité qui étaient les plus créatives sur ce marché. On les a contactées, et on a planifié des rendez-vous. Maintenant la majorité des contacts avec nos clients là-bas se font par courriel ou par téléphone.»

 

De plus, il y a beaucoup de ressources disponibles pour aider les exportateurs québécois, dit M. Lajoie. Entre autres, les ambassades canadiennes, les délégations du Québec ainsi que plusieurs associations. EDC, qui gère des bureaux au Brésil, au Chili et au Mexique, offre aussi plusieurs services pour aider les exportateurs à trouver des contacts dans les nouveaux marchés, notamment des missions commerciales qu’elle organise en coopération avec d’autres partenaires.

 

Selon M. Lajoie, les exportateurs québécois qui désirent percer le marché latino américain ont certains avantages « naturels ». «La langue française se rapproche beaucoup de l’espagnol.  Beaucoup de francophones apprennent l’espagnol assez facilement. Mais, plus important : les cultures latino et québécoise sont très proches. Nos clients mexicains adorent venir à Montréal. Et quand on aime être ensemble,  cela veut aussi dire qu’on travaille bien ensemble. »

 

Tableau 1* : Exportations canadiennes de marchandises vers l’Amérique latine par secteur (2006-2007)

 

2006                                2007                Croissance      

5 principaux secteurs                (M CAD)         (M CAD)         (2007/2006)

 

Métaux                         862,5                 920,5               6,7

Blé                                           801,9               1 013,3            26,4

Papier journal                           780,5                  801,0              2,6

Véhicules et pièces                   599,5                  659,3            10,0

Produits chimiques                    596,3                  672,7            12,8

 

Total                                        9 135,0            10 130,2          10,9

 

 

 

 

Tableau 2* : Exportations canadiennes de marchandises vers l’Amérique latine par pays (2006-2007)

 

2006                2007                Croissance      

5 principaux marchés                (M CAD)         (M CAD)         (2007/2006)

 

Mexique                                     4 020,6          4 241,4              5,5

Brésil                                          1 275,7          1 398,4              9,6

Venezuela                                      631,2              659,3             4,4

Colombie                                      452,0              564,2           24,8

Chile                                             427,7               658,0          53,6

Autres                                        2 329,9             2 608,9         12,1

 

Total                                        9 135,0            10 130,2          10,9

 

 

* Statistiques Canada et EDC

 

 

Pour plus d’information sur  les pays d’Amérique Latine et comment y développer des opportunités, vous pouvez consulter:

 

Exportation et Développement Canada :

http://www.edc.ca/search/countryinformation_home.asp?sLang=f

 

Comment trouver des clients à l’étranger :

https://www.edc.ca/edcsecure/eforms/documents/Govt_Services_f.pdf

https://www.edc.ca/edcsecure/eforms/documents/dnm_guide_f.pdf

 

Affaires Étrangères et Commerce international Canada :

http://www.international.gc.ca/international/index.aspx?lang=fr

 

Le marché canadien de l’exportation pour les nuls :

http://www.edc.ca/french/publications_11934.htm

 

 

 

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